Voir tout

Le métier de CHO est né de l’autre côté de l’Atlantique, à la Sylicone Valley. Chade-Meng Tan est à l’origine de ce concept. Ancien salarié de Google, il invente la fonction de « Jolly Good Fellow » (super bon camarade) qui deviendra plus tard un métier à part entière connu sous le nom de Chief Happiness Officer.

Les Mesdames et Messieurs « Bonheur » ont pris leur place aux USA depuis quelques années et sont en train de conquérir l’héxagone. Véritable outil ou gadget marketing ? Telle est la question. N’existe t-il pas déjà, dans chaque entreprise, des CHO se cachant derrière des responsables RH ou des chargé(e)s de communication ? TPLP met en lumière cette nouvelle fonction qui se multiplie en France, notamment dans le numérique.

Quelles sont les missions du Chief Happiness Officer ?

La fonction de CHO suscite souvent de la curiosité et, parfois, un peu d’incrédulité. Pour vous éclairer, voici quelques missions qui peuvent faire partie de sa fonction :

– organiser des événements dans l’entreprise ou en extérieur, pour garantir la cohésion et le bien-être des salariés ;

– réguler la tension liée aux évolutions de la charge de travail ;

– prêter une attention particulière aux situations individuelles ;

– assurer une communication interne claire et transparente pour que les salariés puissent s’exprimer sur leur fonction ou sur les relations au sein de l’entreprise ;

– accompagner les évolutions de l’entreprise qui peuvent s’avérer anxiogènes : nouvelle stratégie, rachat de l’entreprise, déménagement… ;

– trouver des solutions aux problèmes qui finissent toujours par arriver dans toute organisation impliquant l’humain.

On retrouve des fonctions présentes depuis de longue date dans des métiers se situant le plus souvent à la frontière entre la communication, les ressources humaines et le management. Par son souci de remettre l’humain au centre des préoccupations, le CHO convient bien aux entreprises qui ont opté pour des pratiques managériales innovantes et transverses, où le dialogue entre les différentes fonctions est perçu comme un gage de succès.

Quel est le profil d’un Chief Happiness officer ?

Le CHO ne doit pas être confondu avec le DRH (Directeur des Ressources Humaines) ou le chargé de communication. S’il peut parfois occuper cette fonction, selon l’organigramme choisi par la société, il n’a pas, à l’origine, vocation à prendre la place du DRH. Son rôle est plus transversal et véritablement axé sur les relations humaines et le bien-être au travail. La personne occupant ce poste doit avoir de grandes qualités d’écoute. Elle doit faire preuve de générosité sur le plan relationnel, de convivialité et posséder un sens aigu de l’organisation. Expert en communication, le CHO devient le maître d’œuvre du bonheur en entreprise.

Est-il urgent d’avoir un CHO dans votre entreprise ?

Urgent non, mais penser au bonheur de ses salariés est nécessaire ! Les objectifs vis à vis des clients sont nombreux pour les entreprises. Elles ont donc parfois tendance à oublier l’essence même de leur valeur ajouté : leurs collaborateurs. Mettre à disposition de ces derniers un babyfoot ou de la nourriture gratuite ne suffit pas ! Il faut veiller à ce que le job de l’employé soit intéressant, qu’il rejoigne ses objectifs personnels et qu’il l’aide à progresser. La multiplication des gadgets de divertissement est inutile si le travail de l’employé ne correspond pas à ses attentes.

L’humain ne se gère pas comme des chiffres et les chiffres le prouvent bien. En France, le coût social du stress a été estimé à 3 milliards d’euros par an (source : INRS et Arts et Métiers ParisTech). Les études tendent à démontrer qu’un salarié heureux est plus productif qu’un autre (37 % plus productif selon l’étude Happiness and Productivity de l’université de Warwick au Royaume-Uni).

Voici les chiffres clés du Bien-être au travail :
infographie bonheur au travailSource : WeHobby

Comment devient-on CHO ?

On ne devient pas CHO grâce à ses diplômes où son expérience. Le CHO doit être reconnu pour des qualités qui ne se détectent pas sur CV : écoute, empathie, enthousiasme, altruisme, charisme, humour, créativité, et surtout de l’énergie, beaucoup d’énergie. Le CHO a en charge la plus insaisissable richesse de l’entreprise : l’humain. Sans véritable goût de l’autre, il n’arrivera à rien. Le CHO est souvent choisi en interne pour miser sur un profil déjà remarqué, mais peut aussi être choisi en externe pour son regard neuf et son impartialité.

Le métier de Chief Happiness Officer est encore nouveau et aucun cursus ne lui est assigné. Il faudra attendre quelques années pour avoir un recul et des résultats avérés. Mais finalement, ne sommes-nous pas déjà entourés de CHO qui s’ignorent ?

Laisser une note