Quelles sont les visites médicales du travail obligatoires ?

12 min Publié le
Loriane Hervé Rédactrice spécialiste paie et RH

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Nouvelle embauche, reprise après un long arrêt maladie, visite périodique… Les visites médicales du travail rythment la vie professionnelle. Mais lesquelles sont vraiment obligatoires ? Quels délais respecter ? Que risque une entreprise qui ne les organise pas ? Dans ce guide complet, nous démêlons le vrai du faux et vous donnons toutes les clés pour comprendre vos obligations d’employeur.

Visite médicale du travail obligatoire

Ce qu’il faut retenir

  • Toute embauche nécessite une visite d’information et de prévention (VIP) dans les 3 mois (ou avant pour les postes à risques)
  • Visites périodiques obligatoires : tous les 5 ans pour le suivi standard, 3 ans pour certains profils (travailleurs de nuit, handicapés)
  • Visite de reprise obligatoire après un congé maternité, une maladie professionnelle, un arrêt maladie ≥ 60 jours ou un accident du travail ≥ 30 jours
  • Nouvelle obligation : visite de mi-carrière obligatoire (généralement à 45 ans)
  • L’employeur risque jusqu’à 10 000 € d’amende par salarié en cas de manquement, et une reconnaissance de faute inexcusable en cas d’accident
  • La visite se fait toujours sur le temps de travail rémunéré.

La visite médicale du travail est-elle obligatoire ?

Oui, plusieurs types de visites médicales du travail sont obligatoires en France, et ce pour tous les salariés. Le Code du travail impose à l’employeur d’organiser un suivi médical de l’état de santé de ses collaborateurs. Ce n’est pas une option, c’est une obligation légale.

Qui est concerné par la visite médicale obligatoire ?

Tous les salariés sont concernés, quel que soit leur contrat de travail :

  • CDI : suivi complet obligatoire.
  • CDD : même obligation (avec quelques exceptions pour les très courtes missions).
  • Contrats en alternance : apprentis et contrats de professionnalisation.
  • Intérimaires : suivis par le service de santé de leur entreprise de travail temporaire.
  • Temps partiel : aucune exemption, mêmes règles qu’à temps plein.

Seule exception notable : les mandataires sociaux (gérants, présidents) ne sont pas soumis aux visites médicales du travail obligatoires car ils ne sont pas juridiquement salariés. Ils peuvent toutefois bénéficier d’un suivi volontaire.

Que dit le Code du travail sur l’obligation de visite médicale ?

Le cadre légal est précis. L’article L. 4624-1 du Code du travail stipule que l’employeur doit organiser le suivi individuel de l’état de santé des travailleurs.

La loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail a profondément remanié ce dispositif en instaurant :

  • La visite de mi-carrière obligatoire.
  • Le rendez-vous de liaison pour faciliter le retour après un arrêt long.
  • Un renforcement du suivi post-exposition pour les salariés exposés à des risques particuliers.

5 types de visites médicales du travail obligatoires

1. La visite d’information et de prévention (VIP) à l’embauche

C’est la visite de référence, obligatoire pour toute embauche. Objectif : informer le salarié sur les risques liés à ses conditions de travail, sur les moyens de prévention mis en place, et vérifier qu’il n’y a pas de contre-indication évidente.

Délai réglementaire : Dans les 3 mois suivant la prise effective de poste. Ce délai vous laisse le temps d’observer le salarié durant sa période d’essai et d’organiser la visite en temps voulu.

Mais attention, exceptions importantes ! La visite doit avoir lieu AVANT la prise de poste pour :

  • Les salariés de moins de 18 ans.
  • Les travailleurs de nuit.
  • Les personnes en situation de handicap (reconnues RQTH).
  • Les femmes enceintes, venant d’accoucher ou allaitantes.
  • Les salariés affectés à des postes avec exposition à certains risques (champs électromagnétiques, agents biologiques pathogènes de groupe 3 ou 4, etc.).

Qui réalise cette visite ? Pas forcément le médecin du travail en personne. Elle peut être effectuée par un infirmier en santé au travail ou un collaborateur médecin, sauf pour les catégories de salariés listées ci-dessus (moins de 18 ans, travailleurs de nuit, handicapés, femmes enceintes) qui doivent obligatoirement voir le médecin du travail.

Dispenses possibles : Un salarié qui change d’employeur mais qui a bénéficié d’une VIP dans les 5 ans (2 ans pour les postes à risques) pour un poste similaire peut être dispensé s’il présente son attestation de suivi.

2. Les visites médicales périodiques

Le suivi ne s’arrête pas après l’embauche. Des visites périodiques sont obligatoires pour tous les salariés.

Fréquence standard : Tous les 5 ans maximum

Fréquence renforcée (tous les 3 ans) pour :

  • Les travailleurs de nuit.
  • Les travailleurs handicapés (RQTH).
  • Les titulaires d’une pension d’invalidité.

⏰ Important : C’est à l’employeur d’anticiper et de planifier ces rendez-vous. Le salarié ne doit pas avoir à les réclamer.

3. L’examen médical d’aptitude pour les postes à risques (SIR)

Certains postes exposent à des risques particuliers nécessitant un suivi individuel renforcé (SIR). Pour ces postes, l’examen médical d’aptitude est plus poussé et doit obligatoirement être réalisé par le médecin du travail (pas par un infirmier).

Timing : AVANT la prise de poste (pas de période de grâce de 3 mois ici)

Postes concernés (liste non exhaustive) :

  • Exposition à l’amiante, au plomb, aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR).
  • Rayonnements ionisants.
  • Risques d’hyperbarie (plongeurs, travailleurs en caisson).
  • Risques de chute de hauteur lors des opérations de montage et démontage d’échafaudages.
  • Travail en milieu confiné.

Fréquence du suivi :

  • Visite médicale du travail tous les 4 ans.
  • Visite intermédiaire (par le médecin ou un infirmier) tous les 2 ans.

Le médecin délivre une attestation mentionnant la date de l’examen médical d’aptitude et la date de péremption. Sans cette attestation, le salarié ne peut légalement occuper le poste.

💡 Changement 2025 : Depuis le 1er octobre 2025, les salariés nécessitant une habilitation électrique ou une autorisation de conduite doivent obtenir une attestation de non-contre-indication délivrée par le médecin du travail.

4. La visite médicale de reprise après un arrêt de travail

Certaines absences déclenchent automatiquement une visite de reprise obligatoire.

Cas obligatoires :

  1. Congé maternité (quel que soit sa durée).
  2. Arrêt maladie ou accident non professionnel d’au moins 60 jours.
  3. Accident du travail d’au moins 30 jours.
  4. Maladie professionnelle (quelle que soit la durée).

Délai impératif : Dans les 8 jours calendaires (et non ouvrables) suivant la reprise effective du travail.

⚠️ Attention : C’est à l’employeur d’organiser cette visite, pas au salarié. Si vous reprenez un lundi, votre employeur doit avoir programmé un rendez-vous au plus tard le lundi suivant.

Objectifs de cette visite :

  • Vérifier que votre état de santé est compatible avec la reprise.
  • Proposer des aménagements de poste si nécessaire.
  • Prévenir une éventuelle inaptitude.

Issues possibles :

  • Apte sans restriction.
  • Apte avec réserves (temps partiel thérapeutique, aménagement du poste, restrictions sur certaines tâches).
  • Inapte temporaire.
  • Inapte définitif.

Exemple : Marc, commercial, a été en arrêt maladie pour une opération du dos pendant 75 jours. À sa reprise le 15 avril, son employeur doit obligatoirement organiser une visite de reprise au plus tard le 23 avril (8 jours calendaires). Si le médecin du travail estime que le port de charges lourdes n’est plus possible, il peut préconiser un aménagement du poste.

5. La visite médicale de mi-carrière

Instaurée par la loi santé au travail de 2021, cette visite est désormais obligatoire pour tous les salariés.

Timing : L’année de vos 45 ans (sauf si un accord de branche fixe un âge différent)

Objectifs :

  • Faire le point sur votre état de santé.
  • Évaluer les risques de désinsertion professionnelle.
  • Sensibiliser au maintien dans l’emploi.
  • Anticiper l’évolution de vos capacités en lien avec votre âge et votre parcours.

C’est un moment clé pour aborder la prévention, l’adaptation du poste avec l’âge, et anticiper une éventuelle reconversion si votre santé l’exige.

Bon à savoir : Cette visite peut être couplée avec la visite périodique pour éviter les doublons.

6. La visite de pré-reprise (facultative mais recommandée)

Contrairement aux autres, cette visite n’est pas obligatoire, mais elle est vivement recommandée en cas d’arrêt prolongé.

Qui peut la demander ?

  • Le salarié lui-même.
  • Le médecin traitant.
  • Le médecin-conseil de la Sécurité sociale.

Quand ? Pendant l’arrêt de travail, dès que la durée dépasse ou risque de dépasser 30 jours.

Intérêt majeur : Anticiper les difficultés de retour, préparer les aménagements nécessaires, éviter une inaptitude au dernier moment. C’est un filet de sécurité pour faciliter la reprise.

Quand doit avoir lieu la visite médicale du travail ?

Les délais sont précis et leur non-respect expose l’employeur à des sanctions. Voici un tableau récapitulatif :

Type de visitePublic concernéDélai / FréquenceRéalisée par
VIP embaucheTous les nouveaux salariésDans les 3 moisMédecin du travail, infirmier ou collaborateur médecin
VIP embauche (cas particuliers)< 18 ans, travailleurs de nuit, handicapés, femmes enceintesAVANT la prise de posteObligatoirement médecin du travail
VIP périodiqueSuivi standardTous les 5 ans maximumMédecin du travail, infirmier ou collaborateur médecin
VIP périodique renforcéeTravailleurs de nuit, handicapés, pension d’invaliditéTous les 3 ans maximumObligatoirement médecin du travail
Suivi individuel renforcé (SIR)Postes à risques particuliersTous les 4 ans + visite intermédiaire tous les 2 ansObligatoirement médecin du travail
Visite de repriseAprès congé maternité, AT ≥ 30 j, maladie ≥ 60 j, MPDans les 8 jours suivant la repriseMédecin du travail
Visite de mi-carrièreTous les salariésÀ 45 ans (sauf accord de branche)Médecin du travail, infirmier ou collaborateur médecin
Visite de pré-repriseArrêt ≥ 30 jours (recommandé)Pendant l’arrêt, sur demandeMédecin du travail

Comment se déroule une visite médicale du travail ?

Une visite médicale du travail dure en moyenne 30 à 45 minutes et se déroule généralement dans les locaux du service de prévention et de santé au travail (SPST), parfois au sein de l’entreprise si elle dispose d’un service autonome.

Un entretien préventif

Contrairement à une idée reçue, la visite médicale du travail n’est pas un examen médical complet. Son rôle est exclusivement préventif : vérifier que l’état de santé du salarié est compatible avec son poste et conseiller des adaptations si nécessaire.

Il se compose :

  • d’un entretien : Questions sur l’état de santé général, les antécédents médicaux, les conditions de travail, les risques auxquels le salarié est exposé, le poste actuel, les difficultés éventuelles. Le médecin du travail peut aborder des sujets sensibles comme les risques psychosociaux, le stress ou le harcèlement au travail.
  • d’examens complémentaires ciblés (si justifiés par le poste) : prise de tension, test de vue, audiométrie et éventuelle prise de sang si justifiée.

Important : Le médecin du travail ne peut pas prescrire des médicaments, délivrer un arrêt de travail et soigner.

L’issue de la visite médicale : attestation et avis

À l’issue de la visite, deux documents sont établis :

1. L’attestation de suivi ou avis d’aptitude (remis au salarié et transmis à l’employeur)

Quatre mentions possibles :

  • Apte : Aucune restriction, le salarié peut occuper pleinement son poste
  • Apte avec réserves : Il peut travailler, mais avec des aménagements (par exemple : « pas de port de charges > 10 kg », « temps partiel thérapeutique recommandé »)
  • Inapte temporaire : Inaptitude pour une durée déterminée, avec réévaluation prévue
  • Inapte définitif : Impossibilité de continuer à occuper le poste actuel
Exemple avis d'aptitude médecine du travail

2. La fiche de visite (remise uniquement au salarié)

Elle contient plus de détails sur son état de santé, les préconisations du médecin, etc. Secret médical oblige, l’employeur n’y a pas accès.

Ce que l’employeur reçoit : Uniquement l’avis d’aptitude avec les éventuelles restrictions ou propositions d’aménagement. Il n’a jamais accès aux raisons médicales, au diagnostic, ni au dossier médical.

5 obligations de l’employeur concernant la visite médicale du travail

L’organisation des visites médicales fait partie de vos obligations légales en matière de santé et sécurité au travail. L’employeur a cinq obligations majeures, et leur non-respect peut coûter très cher.

1. Organiser et planifier les visites médicales

Première obligation : Adhérer à un service de prévention et de santé au travail (SPST) – service interentreprises (le plus courant pour les PME) ou service autonome (grandes entreprises).

Deuxième obligation : Anticiper et planifier les visites selon les échéances (cf tableau ci-dessus).

Outils pratiques : De nombreux SPST proposent des alertes par email pour prévenir l’employeur des échéances à venir. Il est aussi possible de tenir un tableau de suivi dans votre logiciel de gestion de la paie.

2. Informer et convoquer les salariés

L’employeur doit convoquer le salarié avec un délai raisonnable (au moins quelques jours) pour lui permettre de s’organiser.

Moyens de convocation :

  • Courrier remis en main propre
  • Email (si l’usage est accepté dans l’entreprise)
  • Affichage (pour les visites de groupes)

Information due : Date, heure, lieu, motif de la visite (VIP, visite périodique, visite de reprise…).

3. Prendre en charge le coût et le temps

  • Coût de la visite : pris en charge via la cotisation au SPST
  • Temps de visite : rémunéré comme du temps de travail effectif
  • Trajet : intégré au temps de travail si pendant les horaires

Aucun frais ne doit être supporté par le salarié.

4. Assurer le suivi et l’adaptation du poste

Si le médecin du travail émet des préconisations (aménagement de poste, restrictions, horaires adaptés…), l’employeur a l’obligation de les mettre en œuvre dans la mesure du possible.

Exemple : Le médecin préconise un poste sans port de charges lourdes. L’employeur doit chercher des solutions : adapter les tâches, redistribuer certaines missions, fournir des équipements de manutention…

5. Tenir un registre et conserver les documents

L’employeur doit :

  • Conserver les attestations d’aptitude (pas le dossier médical, il n’y a jamais accès),
  • Tenir un registre des dates de visites et des échéances à venir,
  • Respecter le secret médical : ne jamais demander au salarié les raisons médicales d’une restriction ou d’une inaptitude,

Que risque l’employeur qui ne respecte pas ses obligations ?

Les sanctions pour non-respect des visites médicales sont lourdes et multiples. Voici l’essentiel à retenir :

Type de sanctionMontant/ConséquenceDéclencheur
Amende pénaleJusqu’à 10 000 € par salariéAbsence de visite obligatoire
Peine de prisonJusqu’à 1 anRécidive ou accident grave
Dommages-intérêtsVariable selon préjudicePréjudice prouvé du salarié
Faute inexcusableMajoration des rentes AT/MPAccident après manquement

Recours du salarié :

  • Signalement à l’inspection du travail
  • Saisine des prud’hommes
  • Action en faute inexcusable si accident/maladie professionnelle

⚠️ À retenir : Ces sanctions se cumulent ! Une entreprise de 10 salariés sans suivi médical risque jusqu’à 100 000 € d’amende. Au-delà de l’aspect financier, c’est votre responsabilité d’employeur qui est engagée. Mieux vaut prévenir que guérir.

Situations spécifiques

Certaines situations méritent un éclairage particulier.

Visite médicale pour les CDD et contrats courts

Principe général : Même obligation que pour les CDI. Un CDD doit bénéficier d’une VIP dans les 3 mois (ou avant si poste à risques).

Exception pour les CDD très courts (< 45 jours) :

  • Le salarié a déjà une VIP récente (< 5 ans pour suivi standard, < 2 ans pour postes à risques)
  • Pour un poste de travail présentant des risques d’exposition équivalents
  • Et peut présenter l’attestation de suivi

Dans ce cas seulement, il peut être dispensé de nouvelle VIP.

CDD successifs : Si vous enchaînez plusieurs CDD chez le même employeur ou des employeurs différents, une nouvelle VIP est nécessaire si l’interruption entre les contrats dépasse 6 mois.

Intérimaires : Suivis par le service de santé au travail de leur entreprise de travail temporaire (ETT), pas par celui de l’entreprise utilisatrice. C’est l’ETT qui organise les visites.

Visite médicale pour les travailleurs de nuit

Le travail de nuit impose des contraintes particulières sur la santé (troubles du sommeil, risques cardio-vasculaires…). Le suivi est donc renforcé.

Obligations spécifiques :

  • Visite médicale avant l’affectation au poste (pas de délai de 3 mois)
  • Visite obligatoirement réalisée par le médecin du travail (pas par un infirmier)
  • Fréquence renforcée : tous les 3 ans maximum (au lieu de 5)
  • Surveillance médicale particulière : risque cardio-vasculaire, troubles du sommeil, équilibre vie professionnelle/vie personnelle

Droit au transfert sur un poste de jour : Si le médecin du travail constate que le travail de nuit est incompatible avec votre état de santé, il peut recommander un transfert sur un poste de jour. L’employeur doit alors rechercher un poste compatible.

ℹ️ Définition du travailleur de nuit (pour mémoire) : Tout salarié qui accomplit au moins 2 fois par semaine au moins 3 heures de travail de nuit (entre 21h et 6h), ou au moins 270 heures de travail de nuit sur 12 mois.

Visite médicale et télétravail

Le télétravail ne change rien aux obligations.

Principe : Un télétravailleur est soumis aux mêmes obligations de suivi médical qu’un salarié sur site :

  • VIP à l’embauche
  • Visites périodiques
  • Visite de reprise le cas échéant

Spécificité : Le médecin du travail peut aborder les conditions de travail à domicile : ergonomie du poste, aménagement de l’espace, environnement immédiat de travail, équipements fournis, risques d’isolement, etc.

Pas de visite spécifique « télétravail » : Il n’existe pas (pour l’instant) de visite obligatoire spécifique au passage en télétravail.

Visite à distance : Depuis la crise sanitaire, certaines visites peuvent être mise en oeuvre en téléconsultation (visite d’information et de prévention, visites de suivi), mais pas les visites d’aptitude nécessitant un examen clinique.

Visite médicale et arrêt maladie de longue durée

Trois dispositifs se superposent pour faciliter le retour au travail après un arrêt prolongé :

1. La visite de pré-reprise (facultative, pendant l’arrêt)

  • À partir de 30 jours d’arrêt
  • À l’initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin-conseil
  • Permet d’anticiper les aménagements nécessaires

2. La visite de reprise (obligatoire, après la reprise)

  • Obligatoire si arrêt ≥ 60 jours pour cause de maladie ou accident non professionnel
  • Obligatoire si arrêt ≥ 30 jours pour accident du travail
  • Dans les 8 jours suivant la reprise

3. Le rendez-vous de liaison (nouveau dispositif)

  • Pour les arrêts ≥ 30 jours
  • Organisé par l’employeur pendant l’arrêt (pas une visite médicale)
  • Objectif : maintenir le lien, informer sur les possibilités de formation, d’aménagement, etc.
  • Avec l’accord du salarié (ce n’est pas obligatoire pour le salarié d’y participer)

Inaptitude médicale : vos obligations d’employeur

Qui déclare l’inaptitude ? Seul le médecin du travail peut déclarer un salarié inapte (pas le médecin traitant).

Procédure obligatoire :

  • Premier examen médical d’aptitude + échange avec l’employeur sur les aménagements possibles
  • Deuxième examen 15 jours minimum après le premier
  • Avis d’inaptitude définitif

Vos obligations après l’avis d’inaptitude :

  1. Rechercher un reclassement compatible avec les restrictions médicales
  2. Consulter le CSE obligatoirement
  3. Agir dans le mois : reclasser ou licencier

Délai critique : Passé 1 mois sans solution, vous devez reprendre le versement du salaire intégral.

ℹ️ À retenir : L’inaptitude n’est pas automatique. Le médecin doit respecter cette procédure stricte et vous laisser la possibilité d’aménager le poste avant de se prononcer.

Questions fréquentes sur les visites médicales du travail obligatoires

La visite médicale d’embauche est-elle obligatoire ?

Oui, pour tous les nouveaux salariés. On ne parle plus de « visite d’embauche » mais de visite d’information et de prévention (VIP). Elle doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste, ou avant pour certains profils (travailleurs de nuit, moins de 18 ans, femmes enceintes, handicapés, postes à risques).

Le salarié peut-il refuser la visite médicale ?

En principe : non. Refuser une visite médicale obligatoire constitue une faute professionnelle pouvant justifier une sanction disciplinaire.p

Peut-on travailler sans avoir passé la visite médicale du travail ?

En théorie, non. En pratique, la loi accorde un délai de 3 mois après l’embauche pour la VIP. Le salarié peut donc commencer à travailler en attendant le rendez-vous, sauf s’il est sur un poste à risques (dans ce cas, la visite doit avoir lieu avant la prise de poste).

À quelle fréquence doit-on passer la visite médicale du travail ?

    • Suivi standard : Tous les 5 ans maximum.

    • Suivi renforcé (travailleurs de nuit, handicapés, titulaires d’une pension d’invalidité) : Tous les 3 ans.

    • Suivi individuel renforcé (SIR) pour postes à risques : Visite médicale tous les 4 ans + visite intermédiaire tous les 2 ans.

La visite médicale du travail est-elle obligatoire pour un CDD ?

Oui, même principe que pour un CDI. Seule exception : CDD de moins de 45 jours si l’employé a déjà une attestation de VIP récente (< 5 ans) pour un poste similaire.

Qui paie la visite médicale du travail ?

L’employeur, via sa cotisation au service de prévention et de santé au travail. La visite est totalement gratuite pour le salarié et se déroule sur le temps de travail rémunéré (aucune retenue de salaire possible).m

Que se passe-t-il si l’employeur n’organise pas la visite médicale ?

L’employeur s’expose à :

    • Une amende jusqu’à 10 000 € par salarié concerné.

    • Une reconnaissance de faute inexcusable en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

    • Des dommages et intérêts au profit du salarié.

Le salarié peut signaler la situation à l’inspection du travail ou saisir le conseil de prud’hommes.

La visite médicale peut-elle se faire en dehors des heures de travail ?

Non, sauf accord exceptionnel du salarié (avec compensation). La loi impose que la visite se déroule pendant les heures de travail et soit rémunérée comme du temps de travail effectif.

Les visites médicales du travail ne sont pas une simple formalité administrative : elles constituent un pilier essentiel de la prévention en santé au travail. Entre obligations légales strictes et enjeu de santé publique, elles protègent à la fois les salariés (en détectant précocement les risques) et les employeurs (en évitant les accidents et maladies professionnelles).

La gestion de la paie et des ressources humaines, c’est aussi anticiper ces rendez-vous, intégrer les échéances dans vos plannings, et assurer le suivi administratif.

Ne négligez pas ces obligations. Les sanctions sont lourdes, mais surtout, un bon suivi médical, c’est moins d’absentéisme, moins de risques d’accidents, et des équipes en meilleure santé. Si la gestion de ces obligations vous semble complexe (surtout en cas de croissance rapide ou de turn-over important), sachez qu’il existe des solutions pour vous accompagner.